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oct. 7

La stratégie du bernard-l'ermite de Google Chrome

La guerre entre Microsoft, la Fondation Mozilla et Google fait rage. Enjeu, être l'outil de référence de navigation de l'Internet et ainsi disposer d'une position stratégique vis-à-vis de l'utilisateur.

L'intérêt est double:
  • marketing par la collecte d'information sur les usages de l'internaute, car vous n'êtes pas sans savoir que toute navigation laisse une trace et qu'il n'existe pas de navigation secrète; Le fantasme des collecteurs d'informations sur vos choix de navigation est de pouvoir vendre cette information aux annonceurs pour vous offrir une publicité ciblée. Dans ce domaine Google excelle avec un quasi monopole sur la recherche sur Internet.
  • technologique puisque l'usage d'Internet devient l'activité prépondérante de l'utilisation d'un terminal informatique. Vous ne faites plus attention à votre système d'exploitation puisque vous allez directement sur votre navigateur pour accéder à vos services en ligne (webmail, chat, messenger, sites Internet...). D'ailleurs, à l'arrivée à maturité de l'usage d'Internet correspond un regain de vigueur des concurrents de Windows, notamment Linux avec les mini-portables.

Né de la technologie, la bataille des navigateurs a longtemps concernant deux acteurs principaux Microsoft avec Internet Explorer et la fondation Mozilla avec Firefox. Microsoft ayant réussi à exclure toute concurrence en associant étroitement IE avec Windows a perdu cette position de stratégique devant les tribunaux qui l'ont accusé d'abus de position dominante. Par la qualité de son offre et poussé par la culture du logiciel libre, la fondation Mozilla a réussi aujourd'hui à conquérir plus de 25% de part de marché.

Google fort de sa position dominante sur la recherche sur Internet souhaite être au plus près des utilisateurs en leur fournissant sytème d'exploitation (Android) et navigateur (Chrome).

Ne se démarquant pas suffisamment d'un point de vue fonctionnalité des autres navigateurs et ne disposant pas de la puissance de Microsoft pour installer son navigateur par défaut sur les machines, Google a eu une autre idée pour prendre des parts de marché à ses concurrents.

Les navigateurs sont conçus pour permettre à des développeurs de créer des fonctionnalités nouvelles qui viennent s'ajouter à celles en standard. Ainsi vous avez peut-être sur votre navigateur des boutons, ou une barre de recherche, supplémentaires. Ca s'appelle un plug-in. Google qui propose déjà la Google Barre pour la recherche directe sur son moteur, a créé un plug-in (Google Chrome Frame) qui permet de lancer Chrome dans un autre navigateur, soit disant pour le rendre plus performant. Vous avez donc un deuxième navigateur qui s'ouvre au sein du premier.

mais, il est même possible pour les pages d'un site Internet de demander à être ouverte en priorité avec Chrome! De là, à imaginer que ces pages là seront mieux référencées sur Google. Je ne me permettrais pas ce mauvaise esprit. Mais ce serait un bon argument pour inciter les développeurs à intégrer cette commande dans leurs pages Internet.

Autant dire que Microsoft et la Fondation Mozilla ont vivement réagi à cette stratégie du bernard-l'ermite qui consiste à venir faire nicher son navigateur au sein du navigateur de ses petits camarades. Mais à part, invoquer des risques de sécurité comme le fait Mictrosoft, la stratégie semble sans faille. Et on est que dans les premiers round.

L'enjeu, être le premier entre nous et nos usages de l'Internet, est majeur. Cette guerre des navigateurs risque de connaitre bien d'autres rebondissements. A suivre.




sept. 1

Vers un championnat de France de foot virtuel?

Comme le rapporte Net-Eco, IBM vient de breveter un système de télécommande qui permet de mettre à jour directement votre profil de réseau social et ainsi de rester en contact avec votre communauté tout en regardant vos programmes télés favoris.

Les soirées football vont bien changer. Fini les excitations entre supporter devant la télévision qui exaspère madame. Chacun chez soi, le groupe de supporters-téléspectateurs-amis, pourra échanger ses impressions grâce à la télécommande d'IBM. A l'heure où la grippe H1N1 nous promet l'interdiction des réunions publiques, et donc des rencontres sportives, les prochains matchs du championnat de France de Football à la télévision réuniront peut-être deux équipes d'avatars dans un stade virtuel. Chaque avatar sera commandé par un joueur de l'équipe tranquillement assis chez lui. Le match sera une partie de jeu vidéo de football multi-joueurs. Le réalisme des jeux actuels est saisissant, et chaque star y est modélisé en 3D. Fini les footing en forêt pour avoir plus d'endurance que son adversaire. Un échauffement des phalanges, une bonne ligne ADSL, un onduleur ou un groupe électrogène pour les plus craintifs et hop c'est gagné, votre champion est prêt à entrer sur le terrain.

Bon, je m'égare. Toutefois, cette initiative d'IBM, tant à confirmer que le pendant sur Internet de la consommation audiovisuelle passive de masse, est la capacité de rester connecter avec sa communauté. Aujourd'hui, les nouvelles générations privilégient d'ailleurs le Net à une retransmission sportive longue et hasardeuse quant à la qualité du spectacle. Ils se connectent sur ordinateur au suivi en direct d'un match qui leur donne dans un coin de leur écran le score et le fil des événements du match. Le reste de l'écran est alors libre pour tchatter avec leurs amis. Souvent ils vont voir quelques minutes après les meilleurs moments sur Youtube, ou si le téléviseur est dans la même pièce, lèvent enfin la tête pour regarder l'image qui est diffusée.

Ces nouveaux usages obligent à concevoir autrement la retransmission et son offre périphérique. TF1 propose déjà des forums sur Facebook pendant la retransmission d'un match. Canal+ propose, avec Microsoft, pendant qu'on regarde un match de football, de pouvoir dialoguer avec ses amis à partir de la Xbox connectée au téléviseur.

La convergence est vraiment en marche.

août 31

ça bouge!

Cap Digital a organisé jeudi dernier un petit déjeuner sur la thématique du Transmédia.

Il en ressort plusieurs constat: - ce thème concentre de plus en plus d'initiatives telles que le Transmédia Lab d'Orange Valley ou le Forum Blanc sur le thème Animation & Crossmédia, organisé par CITIA en Janvier. Si CITIA, organisateur du Festival International d'Animation d'Annecy, sent la nécessité de créer un colloque sur l'animation et le crossmédia, cela traduit une réelle mobilisation de la profession sur le sujet. - le nombre de participants au petit déjeuner, alors que nous étions encore au mois d'août, prouve que de plus en plus d'entreprises et d'acteurs ont conscience que la convergence des médias se traduira inévitablement par une écriture nouvelle.

Samedi au Barcamp, organisé par Orange Valley, nous étions 90 à dialoguer sur le sujet. Nouvelle écriture, nouveau business model, nouveaux outils de production sont au coeur de cette évolution. Les usages de consommateurs de médias changent très vite. Une innovation remplace une autre, en quelques mois, souvent parce que la nouvelle est plus adaptée que l'ancienne. Tout ceci est très mouvant.

A ce titre, les jeunes constituent un laboratoire en accéléré. En quelques mois, ils sont passés du blog demandant un investissement en création, à Facebook puis un Twitter (que du texte), dans une recherche de plus en plus affinée d'outil adapté à leur besoin de faire vivre leur communauté. Les programmes audiovisuels qui leurs sont destinés se doivent d'intégrer ces nouveaux comportements faute d'être complétement marginalisé dans leur consommation.

Voici quelques liens utiles pour vous documenter un peu sur le sujet:

Présentation Cap digital

Site du Forum Blanc

Transmédia Lab

août 19

What the F**K is Social Media, ou la place toujours plus grande des réseaux sociaux dans notre quotidien

Un an après sa première enquête "What the F**K is Social Media", Marta Z. Kagan nous livre une deuxième version de son enquête qui montre l'importance sans cesse grandissante des médias sociaux dans notre vie de tous les jours. A lire impérativement, vous verrez, les chiffres parlent d'eux-mêmes !

Appris grâce à Influence Digitale

août 18

Avant de parler newtech, faites un glossaire

Ce qui est toujours complexe, dans le domaine des nouvelles technologies, est de trouver un langage commun. Car à nouveaux concepts, nouveaux mots. La télématique est au rang des oubliettes associée au minitel, cet outil préhistorique (pourtant même pas 30 ans, puisque l’expérience de Velizy, initiatrice du Minitel, date de 1981 !!!), désuet. Pourtant Internet et ses dérivés mobiles ou fixes pourraient être encore définis par ce terme né de l’association « Télécommunication » et « Informatique ». Oui, télématique, devenu un mot usuel de l’informatique, est né en France et non aux US, comme les bases d’Internet d’ailleurs. Bon voila que je redeviens cocardier.

Depuis, Internet, multimédia sont passés par là, rendant télématique has been !

Comme les nouvelles technologies vont vite les termes doivent suivre. Aujourd’hui se télescopent Crossmédia, Transmédia, Multisupport et 360. Tous ces termes tournent autour de trois notions de base :

  • un même contenu peut être diffusé de plusieurs moyens et consommé sur plusieurs supports
  • un même utilisateur peut consulter plusieurs supports de façon simultanée ou pas
  • il peut exister des interactions entre un contenu, un utilisateur et plusieurs supports de façon synchrone ou asynchrone

Dans le domaine de l‘audiovisuel, il en résulte de multiples combinaisons possibles :

  1. Un programme TV proposé sur plusieurs supports de diffusion (hertzien, câble, satellite, cassette vidéo, DVD, pay per view, catch up TV, télévision sur mobile…). Il s’agit d’un même programme unique diffusé par plusieurs moyens et plusieurs supports
  2. Un programme TV décliné sur plusieurs supports, par exemple un jeu télévisé auquel je vais pouvoir jouer seul ou avec mes amis sur Internet, mon téléphone mobile, voire comme un jeu de société
  3. Un programme TV en interaction avec d’autres supports se traduisant par un renvoi des uns sur les autres pour une couverture large du public. Par exemple, les séries ados de la période AB avait leur magazine, leur label de musique, leurs spectacles, avec en permanence des renvois des uns vers les autres.
  4. Un programme TV interactif dans lequel le téléspectateur par son intervention sur un autre support agit sur ce qui se passe dans l’écran. C’est un concept vieux comme la télévision et la présence sur le plateau TV de téléspectateurs devant trouver qui est le coupable dans la fameuse fiction « les 5 dernières minutes »…mais c’est bien sur ! Aujourd’hui ça se traduit souvent par un simple vote des téléspectateurs ayant une incidence ou non (magie de la TV), ou le défilement de SMS pendant une émission de débat. Ayant une pensée émue pour Hugo Délire, première émission interactive où ce qui se passe à l’écran vient de ce que fait le téléspectateur candidat depuis chez lui, mais malgré les qualités audiovisuelles de Karen Cherryl, un programme qui frustrent plusieurs milliers de candidats non sélectionnés par soir ne peut garder longtemps sont audience. Les technologies du web et du jeu vidéo d’aujourd’hui permettent de faire beaucoup mieux (si vous le désirez, je peux vous en parler, c’est justement la raison d’être de 3D2+)

Personnellement, mon classement terminologique serait :

  1. 360
  2. Multisupport
  3. Transmédia
  4. Crossmédia

A la lecture de l’article de Jean-Yves LEMOINE (http://www.transmedialab.org/2009/07/15/breve-histoire-du-transmedia/) sur le site d’Orange Vallée dédié au Transmédia, on constate qu’il y a des variantes.

Ça donne parfois des discussions surprenantes, où deux experts des nouveaux médias débattent pendant des heures sur la nécessité de privilégier le crossmédia au Transmédia... pour constater en fin de compte que ce que l’un nommait Crossmédia, l’autre l’appelait Transmédia.

Pour ma part, j’ai pris l’habitude lorsque je rencontre de nouveaux interlocuteurs de faire un petit glossaire pour être certain qu’on parle bien de la même chose. Il serait bien que les articles traitant de ces sujets prennent cette bonne habitude.

Retrouvez l'article de Jean-Yves LEMOINE à cette adresse : http://www.transmedialab.org/2009/07/15/breve-histoire-du-transmedia/

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